Le retrait d'un grain de beauté ou d'une lésion cutanée peut répondre à deux motifs très différents : une lésion suspecte, qu'il faut analyser, ou une lésion bénigne qui gêne, frotte ou déplaît. La démarche n'est pas la même dans les deux cas, et confondre les deux est l'erreur la plus courante.
Le diagnostic passe avant le geste
Une lésion qui change de taille, de couleur, de contour, qui saigne, démange ou apparaît tardivement doit être examinée avant toute décision. L'examen se fait à l'œil et au dermatoscope, parfois avec un suivi photographique de l'ensemble du tégument lorsque les grains de beauté sont nombreux. Un professionnel qui propose de retirer une lésion sans l'avoir examinée, ou qui la détruit au laser sans analyse, vous prive du diagnostic.
Comment se fait le retrait
L'exérèse chirurgicale sous anesthésie locale permet d'envoyer la pièce en anatomopathologie : c'est la seule méthode qui donne une réponse. Les techniques de destruction, laser ou électrocoagulation, ne laissent rien à analyser et se réservent aux lésions dont le caractère bénin ne fait aucun doute après examen. Le principe à retenir est simple : tout ce qui est retiré parce qu'il est suspect doit être analysé.
La cicatrice
Retirer une lésion laisse toujours une marque. Sur le visage, le décolleté, les épaules et le dos, la cicatrisation est plus capricieuse et un élargissement ou une cicatrice épaisse restent possibles. Il est raisonnable de protéger la zone du soleil pendant plusieurs mois. Demandez avant l'intervention où passera l'incision, si l'analyse est prévue et incluse, comment le résultat vous sera transmis, et qui vous reverra si l'analyse impose une reprise plus large.