La cataracte est l’opacification progressive du cristallin, la lentille naturelle située à l’intérieur de l’œil. Seule la chirurgie permet de traiter une cataracte : le cristallin opacifié est fragmenté puis aspiré par une très petite incision, et remplacé par un implant intraoculaire transparent. Vous restez éveillé, sous anesthésie locale le plus souvent par collyre, et vous ne voyez ni les instruments ni le geste se dérouler.
Pour la plupart des personnes, l’opération est la partie la plus simple. La vraie décision, c’est l’implant : il détermine la manière dont vous verrez de loin, de près et à distance intermédiaire pour le reste de votre vie.
Faut-il opérer maintenant, ou attendre ?
Il n’existe pas de stade fixe à partir duquel une cataracte doit être opérée. L’intervention est en général proposée lorsque la gêne retentit sur la vie quotidienne : conduite, surtout de nuit, lecture, travail, loisirs, sécurité dans les déplacements. Porter des lunettes de soleil filtrant les UV, privilégier une alimentation riche en fruits et légumes verts, ne pas fumer et bien équilibrer un diabète peuvent ralentir l’évolution, mais rien ne fait régresser une cataracte constituée.
En France comme en Belgique, l’opération de la cataracte avec un implant monofocal standard est habituellement prise en charge par l’assurance maladie. Venir à Istanbul a surtout du sens si vous souhaitez un implant non remboursé chez vous, multifocal ou à profondeur de champ étendue par exemple, ou si les délais d’attente sont longs.
Il vaut mieux différer l’intervention, ou envisager une autre approche, si :
- votre diabète ou votre tension artérielle ne sont pas encore équilibrés ;
- vous présentez une infection, une inflammation oculaire ou une blépharite non traitée, à soigner d’abord ;
- une autre maladie de l’œil est présente, comme une DMLA, un glaucome ou une rétinopathie diabétique : elle peut limiter le résultat et impose un suivi rapproché près de chez vous ;
- vous espérez ne plus porter de lunettes alors que vous avez une atteinte maculaire, une sécheresse oculaire marquée ou une conduite de nuit fréquente, situations où l’implant multifocal convient souvent moins bien ;
- vous prenez des anticoagulants ou antiagrégants : ne les arrêtez jamais seul, mais signalez-les au chirurgien à l’avance.
L’intervention et le choix de l’implant
Tout commence par un bilan complet : acuité visuelle, tension oculaire, examen du segment antérieur et du fond d’œil, puis biométrie. Celle-ci mesure la longueur de l’œil et la courbure de la cornée afin de calculer la puissance de l’implant.
La technique de référence est la phacoémulsification. Par une incision de quelques millimètres, une sonde à ultrasons fragmente le cristallin opacifié et l’aspire, en laissant en place sa fine enveloppe, la capsule. L’implant, plié, est glissé dans cette capsule où il se déploie. Le geste dure habituellement une vingtaine de minutes par œil, davantage pour une cataracte dense ou complexe. L’anesthésie est locale : collyre, parfois injection autour de l’œil, éventuellement complétée d’une légère sédation.
Chirurgie classique ou assistée par laser
Avec le laser femtoseconde, le laser réalise les incisions, ouvre la capsule et ramollit le cristallin avant son aspiration. Les deux méthodes sont sûres et efficaces ; le chirurgien vous conseille en fonction de l’anatomie de votre œil.
Les principaux types d’implants
- Monofocal : une seule distance nette, en général de loin. Les lunettes de lecture restent nécessaires, et c’est l’implant le plus confortable pour la conduite de nuit.
- Torique : corrige en plus un astigmatisme ; pour le reste, il se comporte comme l’implant dont il dérive.
- Multifocal : permet le plus souvent de lire sans lunettes, mais peut s’accompagner d’éblouissement, de halos autour des lumières et d’une perte de contraste.
- À profondeur de champ étendue (EDOF) : améliore la vision intermédiaire, celle de l’écran par exemple ; des lunettes de près peuvent rester utiles et des halos sont possibles.
- Ajustable par la lumière : le seul modifiable après l’opération.
Aucun pourcentage n’est publié pour la fréquence des halos et de l’éblouissement avec les implants dits premium : personne ne peut donc vous chiffrer ce risque honnêtement.
Votre séjour à Istanbul, jour après jour
Pour un œil, comptez 3 à 4 jours. Un programme type :
- Jour 1 : arrivée, transfert à l’hôtel, consultation, examen complet et biométrie. Le choix de l’implant est validé avec vous.
- Jour 2 : intervention. Vous passez quelques heures à la clinique au total et rentrez à l’hôtel avec une coque de protection, vos collyres et des consignes écrites. La vision reste floue quelques heures.
- Jour 3 : contrôle le lendemain matin : tension oculaire, cicatrisation, position de l’implant. Le schéma des collyres est repris avec vous.
- Jour 4 : vol retour une fois que le chirurgien a confirmé votre aptitude à voyager.
La plupart des chirurgiens opèrent un œil à la fois. Si les deux yeux sont traités au cours du même séjour, le second l’est en général un autre jour, après le contrôle du premier, ce qui ajoute quelques jours.
Pour l’avion, les avis divergent. Certaines recommandations de médecine aéronautique conseillent d’attendre environ une semaine après une chirurgie intraoculaire, tandis que de nombreux ophtalmologistes autorisent le vol après quelques jours lorsque l’opération s’est déroulée sans complication, aucun gaz n’étant injecté dans l’œil. Si du gaz a été introduit, ce qui ne fait pas partie d’une chirurgie de cataracte courante, le délai est de deux semaines pour le SF6 et de six semaines pour le C3F8. C’est le chirurgien qui tranche pour votre œil avant le départ.
Ce que votre devis écrit doit préciser
Esthappy organise la consultation, les honoraires du chirurgien et de la clinique, l’hôtel, les transferts entre l’aéroport, l’hôtel et la clinique, ainsi qu’un interprète. Le devis écrit doit indiquer précisément ce qui est inclus, notamment :
- le bilan préopératoire et la biométrie ;
- le type et le modèle d’implant proposé, et si un œil ou les deux sont concernés ;
- l’assistance laser, si elle est prévue ;
- les contrôles postopératoires à Istanbul ;
- les collyres et la coque de protection ;
- la conduite à tenir si un geste complémentaire ou un séjour prolongé devient nécessaire.
La récupération, semaine après semaine
Les premières 24 heures : vision floue, sensation de sable, larmoiement et légère gêne sont habituels. Reposez-vous, suivez exactement le schéma des collyres et portez la coque la nuit.
La première semaine : la vision s’améliore en général en quelques jours, et la plupart des personnes reprennent un travail de bureau après 2 à 5 jours. Évitez de vous frotter l’œil, la piscine, les lieux poussiéreux, le maquillage des yeux et le port de charges lourdes.
Semaines 2 à 4 : les collyres se poursuivent pendant environ quatre semaines, souvent avec une diminution progressive.
Mois 1 à 3 : une fois l’œil stabilisé, en général au bout d’un mois environ, de nouvelles lunettes peuvent être prescrites si nécessaire. Avec un implant multifocal ou EDOF, le cerveau peut mettre des semaines, voire des mois, à s’adapter.
Complications possibles et prévention
Un audit national portant sur 180 114 opérations retrouve 94,6 % des yeux atteignant 6/12 ou mieux en l’absence d’autre pathologie oculaire, contre 79,9 % lorsqu’une autre pathologie est présente. Les complications peropératoires représentent 4,2 % des cas, la rupture capsulaire postérieure 1,95 %, l’endophtalmie (infection grave à l’intérieur de l’œil) dans les trois mois 0,03 % et la chirurgie pour décollement de rétine dans les trois mois 0,03 %.
D’autres problèmes sont possibles : hausse transitoire de la tension oculaire, inflammation, œdème de la cornée ou de la macula, implant décentré ou dont la puissance s’écarte de la cible, sécheresse oculaire. Des mois ou des années plus tard, la capsule située derrière l’implant peut s’opacifier ; on la traite par une courte séance de laser au cabinet. Le risque se réduit par un bilan préopératoire rigoureux, une biométrie précise, une asepsie stricte avec protection antibiotique, une bonne observance des collyres et en gardant les mains loin de l’œil.
Les questions à poser avant de réserver
- Quel implant me conseillez-vous, compte tenu de mes yeux et de mes habitudes, et pourquoi pas les autres ?
- Mes yeux présentent-ils une particularité qui rend un implant multifocal ou EDOF moins adapté ?
- Opérez-vous les deux yeux, et à quelles dates ?
- Quels documents recevrai-je sur le modèle et la puissance de l’implant ?
- Quand pourrai-je reprendre l’avion, et qui me suivra à mon retour ?
De retour chez vous
Prenez rendez-vous avant le départ chez un ophtalmologiste proche de chez vous, idéalement dans les premières semaines, et convenez de qui supervisera le traitement par collyres. Un suivi à distance par photos est possible, sans remplacer un examen. Consultez en urgence sur place en cas de douleur croissante, de baisse de vision, de rougeur qui s’aggrave, ou d’éclairs lumineux, de corps flottants ou d’un voile qui apparaissent.
Rapportez le compte rendu opératoire, l’ordonnance de collyres et surtout le modèle et la puissance de l’implant, par écrit. Ces informations vous seront demandées à chaque examen ophtalmologique et pour toute nouvelle ordonnance de lunettes.