Le strabisme est un défaut d'alignement des deux yeux : l'un fixe la cible pendant que l'autre dévie vers l'intérieur, l'extérieur, le haut ou le bas. Chez l'enfant, le cerveau neutralise souvent l'image de l'œil dévié, ce qui peut entraîner une amblyopie durable. Chez l'adulte, la conséquence est plus souvent une vision double ou une gêne d'alignement.
Le bilan précède toute décision
La prise en charge commence par un examen complet : mesure de la déviation dans différentes positions du regard, réfraction sous cycloplégie, évaluation de la vision binoculaire et examen du fond d'œil. Certaines déviations sont entièrement corrigées par des lunettes adaptées, notamment lorsqu'une hypermétropie non corrigée est en cause : dans ce cas, opérer serait une erreur. D'autres relèvent d'un traitement de l'amblyopie par occlusion avant tout geste chirurgical. Un strabisme d'apparition brutale chez l'adulte impose de chercher une cause neurologique ou orbitaire avant d'envisager une chirurgie.
Ce que la chirurgie fait, et ne fait pas
L'intervention agit sur les muscles oculomoteurs, en affaiblissant ou en renforçant leur action pour rétablir l'alignement. Elle améliore l'alignement, parfois la vision binoculaire, et souvent le confort et la vie sociale, ce qui n'est pas un motif secondaire. Elle ne restaure pas l'acuité d'un œil amblyope, elle ne remplace pas les lunettes lorsque la correction optique fait partie du traitement, et un résultat sous-corrigé ou surcorrigé peut nécessiter une seconde intervention. C'est une éventualité à intégrer d'emblée plutôt qu'à découvrir après coup.
Points à clarifier
Demandez quels muscles seront opérés et pourquoi, quelle déviation résiduelle est jugée acceptable, quelle est la probabilité d'une reprise, et qui assurera le suivi orthoptique près de chez vous.